Rapport scientifique - octobre 2022

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Date de démarrage : 1/01/2020
Date de fin : 28/02/2023
Référence : 2019-COC-109

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Octobre 2022

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Projet cocreate financé par

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Sommaire


I. Les communautés d'énergie comme acteurs de la résilience électrique
Qu’est-ce que Voisins d’Énergie ?
Quelle résilience du système électrique ?
Quel rôle les communautés d'énergie peuvent-elles jouer pour la résilience urbaine ?
Opérationnalisation de la résilience dans VdE
Pour une diversité de communautés d'énergie
L’Échappée
Volta-taqa
Le Coin du Balai
Rencontres des explorateurs
Formations
II. Analyse des données et des expérimentations
Introduction : approche méthodologique
Dynamique et cohésion sociale
Évolution des savoirs et compétences
Importance de la production locale
Périmètre de la communauté d'énergie 
Quelle place accordée au « partage d’énergie » ?
Représentations de la précarité énergétique
Place des aspects économiques
III. Données récoltées par les Flukso
Interface Flukso
Courbes de consommation et production
Résultats des alertes
L’Échappée
Le Coin du Balai
IV. Conclusions
Références

I. Les communautés d'énergie comme acteurs de la résilience électrique

Qu’est-ce que Voisins d’Énergie ?

Tout au long de ses recherches, le projet Voisins d’Énergie (VdE) a poursuivi un objet qui s’est révélé à la fois flou et mouvant : les communautés d’énergie. L’idée que des citoyens peuvent s’organiser localement pour produire et partager de l’énergie a une longue histoire – puisque ce type d’organisation prévalait avant la construction des larges réseaux de production-distribution- consommation du charbon, de l’électricité, du pétrole et du gaz (Jarrige & Vrignon 2020). Mais l’idée est revenue comme alternative, d’abord de manière assez spéculative avec la première vague écologiste des années 1970 (Lovins 1976), ensuite de manière plus concrète, dans des tentatives plus effectives centrées sur des sources renouvelables et décentralisées (Walker & Devine-Wright 2008, Seyfang et al. 2014). L’idée de communauté d’énergie s’est donc progressivement concrétisée depuis une quinzaine d’années, mais dans des configurations extrêmement variées (Lopez et al. 2019), qualifiées d’assemblages tant elles mêlent des éléments matériels, sociaux, techniques, territoriaux, juridiques, etc. (Aubert 2020).

L’objet communauté d’énergie est aussi mouvant car il a été introduit par deux directives européennes (2018 et 2019), traduite en droit bruxellois en avril 2022, donc tout récemment. Cette transposition introduit trois types de communautés d’énergie, qui répondent à des assemblages différents, notamment selon le périmètre (voir plus loin). L’ordonnance bruxelloise instaure aussi un facilitateur pour développer les communautés d’énergie dans la Région, dont le rôle a été dévolu à l’association Energie Commune. Les demandes de constitution de communautés d’énergie affluent auprès du facilitateur (plus de 300) mais le chemin pour chaque communauté est long car il s’agit de se constituer en personne morale et de répondre à une série d’autres critères.

L’ordonnance propose une certaine vision des communautés d'énergie, en phase avec ce que préconise Sibelga (le gestionnaire du réseau de distribution) :
- Accent principalement mis sur le « partage d’énergie » et ses bénéfices économiques, alors que les Directives mentionnent aussi les bénéfices environnementaux et sociaux.
- Les communautés d'énergie sont essentiellement considérées comme de nouveaux acteurs du marché de l’électricité.
- Est rendu obligatoire le déploiement généralisé de compteurs communicants pour calculer chaque quart d’heure le « partage d’énergie » entre les différents membres de la communauté.
- Focalisation sur les immeubles en copropriété (via l’instauration de « communautés d’énergie locales »).

On peut qualifier cette approche de technico-économique, dans laquelle les membres ne se soucient de rien sinon de régler une facture en plus de celle de leur fournisseur. Elle répond à une volonté politique de constituer rapidement les communautés d’énergie afin de permettre le déploiement de panneaux photovoltaïques sur les toitures et ainsi rencontrer les objectifs de la Région en matière d’énergie renouvelable. Un des objectifs de notre recherche est de montrer qu’il peut exister bien d’autres formes de communautés d’énergie que le modèle technico-économique dominant. Notre recherche s’est donc notamment focalisée sur les aspects sociaux de ces groupes et sur d’autres manières de compter les échanges d’énergie entre communautés.
Nous avons résumé l’ordonnance dans la fiche suivante.